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KUSTURICA STYLE ET SYMBOLES ZOOM SUR NO SMOKING LIENS UN GRAND MERCI A AUTEUR EN SAVOIR PLUS MISE A JOUR LE Vous êtes le
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Synopsis Perhan est un gitan, élevé par sa grand mère dans un bidonville de Sarajevo. Amoureux transi dAzra, il rêve de gagner beaucoup dargent pour pouvoir lépouser . Ahmed, le " parrain ", lui propose de le suivre en Italie pour faire fortune. Perhan est désormais prisonnier dun monde sans scrupules, fait de magouilles, dont il ne veut pas. Mais pour survivre, il doit se plier aux règles dAhmed Perhan va tomber de haut : le rêve européen demeure inaccessible pour les gitans, condamnés à souffrir et à errer, mais dans la dignité
Gypsies Kings " Je saute par dessus mon ombre, ou je change de vie. Oh et puis merde à mon ombre " 1985 : Emir Kusturica obtient la Palme dOr à Cannes pour Papa est en voyages daffaires. Le monde du cinéma lattend au tournant, prêt à disséquer sa prochaine uvre Dans un premier temps, il se lance à corps perdu dans la préparation dUn pont sur la Drina, inspiré dune nouvelle dIvo Andric, projet qui avortera par manque de motivation. Sans réelle envie, sans projet qui le passionne, Emir Kusturica retourne alors à ses premières amours : la musique. En deux ans, il enregistre deux albums, avec son groupe punck-rock " interdit de fumer ". Un véritable retour aux sources. Par hasard, il tombe sur un fait divers alarmant, contant lhistoire dun jeune gitan qui fait passer la frontière à de jeunes enfants, pour les exploiter à lOccident. Emu par le sort des enfants et atterré que cela existe encore, il décide de rencontrer ce gitan, et de faire un film de cette histoire sordide, qui évoque le thème universel des ethnies minoritaires et de leur impossibilité à sen sortir, malgré leur obligation de survie. Parti dans lidée den faire un documentaire sur le monde des gitans, Emir Kusturica construit en réalité un véritable poème filmé, dans lequel il développe son style si particulier. Il met en scène un monde rêvé, empli de surréalisme, donirisme, de magie, à limage des fantasmes communs sur la communauté tzigane : la grand-mère de Perhan est guérisseuse, et Perhan va séduire Azra en faisant bouger à distance des boîtes de conserve Le film commence avec une noce, une femme déjà déçue par son mari ivre, quelques oies qui traversent limage et un fou qui sen prend à Dieu pour expliquer les malheurs des gitans. Le ton est donné, le film sera un gigantesque montage de moments tous plus magiques les uns que les autres, entre lesquels sinstalle une histoire tragique, celle de Perhan, le jeune gitan qui a cru pouvoir échapper à sa condition. Sans émotion gratuite, sans apitoiement, Kusturica se contente de raconter une histoire et des rêves. Et comme dans son précédent film (Papa est en voyages daffaires), il choisit de traiter le thème de lintérieur , et nous présente communauté tzigane à travers le regard de Perhan. Cest une véritable peinture, qui trouve son essence dans le choix des acteurs, des amateurs issus de cette communauté, qui vivent le film plus quils ne le jouent. Kusturica offre également libre court à ses propres visions, développant une fois de plus les thèmes qui lui sont chers, tels que le suicide, lenvol, les cartons qui bougent tout seul, et essentiellement les mariages, qui jalonnent le film (le générique souvre sur un cortège de mariage, et sachève sur le mariage dAhmed). Le film est à la fois tragique et drôle, et reste dans la mémoire des spectateurs par la force de ses images. La scène de la nuit de la Saint-Georges entraîne le spectateur dans le rêve de Perhan, au milieu du fleuve, au son des voix de femmes qui chantent le morceau mythique du film, Ederlezi, hymne aux amoureux qui se promettent fidélité et amour éternel lors de cette cérémonie. La folie de Mezran, loncle de Perhan, le pousse à détruire la maison de sa mère. Et là encore opère la magie de Kusturica : Mezran accroche le toit de la maison à son camion par un ingénieux système de poulie, et soulève celle-ci en démarrant La maison senvole, sous une pluie battante et le regard abasourdi de Perhan, de sa sur et de sa grand-mère Et la musique, toujours la musique, véritable ciment de ce peuple, remède à tous les maux La musique est indissociable du peuple tzigane : " Wealth is accompagnied by money, poverty by songs" "(proverbe gitan). Entraînante, dansante, rythmée, véritable expression de la joie et des espoirs des gitans, cristallisant le vécu de tout un peuple depuis des siècles, synthèse des autres formes musicales, nourries des influences des contrées traversées par ce peuple nomade, la musique tzigane prend simplement sa place au cur du film, séchappant sur des rythmes endiablés pour resurgir quand bon lui semble, avec un naturel étonnant. Goran Bregovic, le compositeur de la musique du Temps des gitans, a su en faire un des éléments phares de ce film, sinspirant largement des thèmes traditionnels, pour faire jaillir le son tzigane. Talijanska, le thème que Perhan reprend sans cesse à laccordéon, et Ederlezi, le chant des femmes lors de la nuit de la Saint-Georges, ont atteint à la sortie du film le statut de morceaux-cultes. Traiter du monde gitan et de sa magie offrait à Emir Kusturica la possibilité denrichir son style. Le Temps des gitans marque en effet un tournant dans sa cinématographie, devenue plus onirique et plus déstructurée. Kusturica a ainsi développé ce qui fait la marque de son style, les grandes envolées lyriques, résultat dune alchimie parfaite entre toutes les composantes de limage. Le Temps des gitans est sans conteste le film le plus riche dEmir Kusturica. En savoir plus
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