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Underground
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Symbolique de la vie et de la mort

 

Introduction

Le point commun entre le déplacement horizontal et vertical du film est le cheminement de la vie à la mort, et Kusturica insiste sur ce cheminement en usant de diverses symboliques.

1 - Le temps

Perte de la notion du temps

Underground est une épopée dont le déroulement suit le cours de l’Histoire (voir Chronologie).
Elle suit un mouvement horizontal qui évoque la durée, le temps qui passe, les années qui marquent. L’avancée du temps est évoqué notamment par les aiguilles d’une horloge qui avancent en accéléré. Cette scène se déroule dans la rue, c’est à dire dans le monde extérieur (le monde réel).

Or la relation du temps avec les habitants de la cave est tout autre. Non seulement ils n’appartiennent plus à la vie -Blacky est considéré comme mort. Son existence est ignorée- mais en plus ils vivent avec une notion du temps autre que celle du monde historique.

On voit simultanément, le monde d’en bas aller se coucher considérant à priori qu’il fait nuit, alors que le monde d’en haut est en pleine activité diurne et qu’on a la preuve naturelle qu’il fait bien jour. La manipulation de Marko est d’autant plus perverse vis à vis des "prisonniers", qu’il leur vole du temps ! Le propriétaire de la maison vient retirer systématiquement six heures chaque jour à la grande horloge (soit cinq ans en vingt ans).

Le monde underground vit donc dans un temps parallèle, ralentit par rapport au rythme naturel de la vie. A la chute du Mur de Berlin, les pays qui se trouvait à l’est du Rideau de fer on constaté le décalage qu’ils avaient avec les pays occidentaux.

Le temps c’est l’Histoire (c’est une montre que Blacky reçoit de la part de Tito. Et comme pour sentir qu’il est encore vivant il mange cette même montre !).

Oublier c’est enlever du temps à ce qui a eu lieu.

Thème du mouvement : le cercle et le cycle

Tout ce qui dure s’arrête à un moment donné. Mais la vie (l’éternité !) est un cycle infernal. Ainsi le temps c’est aussi une multitude de cercles. L’Histoire n’est – elle pas un incessant bégaiement ?

Kusturica base tout son film sur le mouvement.
Chaque plan contient du mouvement : il y a de nombreuses courses poursuites entre Blacky, Marko et des bandits
ou bien les plans sont eux même en mouvement. Il n’y a pas de plans fixes : beaucoup de travelling, etc.

En transportant sans arrêt l’action du monde du haut à celui du bas et vice versa (Descente dans la cave, remontée à la surface, passage d’armes, de costumes par l’ascenseur), Kusturica insiste sur la verticalité qui ponctue le déroulement (nous l’avons vu, horizontal) de son histoire.
Passer du souterrain à l’air pur c’est aussi une métaphore du cycle de la vie.
Naissance, mort, résurrection.

D’un point de vue scénaristique, Underground suit les différentes étapes de la vie de ses personnages. On voit la naissance de Jovan, son mariage avec Jelena, et la mort (de presque tous).

 

PARTIE 3.2 : LE MIROIR