A la fin du film, comme en guise de conclusion,
tous les personnages se retrouvent au "paradis", sur une île qui a vaguement
les contours de la Yougoslavie.
Tous les malheurs sont effacés : Bata nest plus paralysé, Ivan ne
bégaie plus.
Tout est pardonné : Marko et Blacky, ainsi que Vera et Natalja sont à la
même table.
La vie reprend malgré le passé, selon les rites ancestraux. Kusturica termine
sont film sur une scène de mariage comme il aime les faire. La fête, la tradition sont
là pour réunir.
Quest ce que Kusturica a voulu dire à travers son film ?
Au delà de toutes polémiques de quoi parle Underground ?
Underground nest pas un film historique :
On remarque que Kusturica a pris beaucoup de libertés dans le traitement des
faits. Il faut souligner quil manque de recul sur la période contemporaine (ONU par
exemple).
Cest avant tout une vision très personnelle, un regard vers ce qui, hier,
était son peuple et son pays.
Cest un hommage :
"Peu importe que le public occidental ne comprenne pas toutes les
allusions en détail.
Ce quil peut comprendre, paradoxalement, cest ma loyauté envers une
culture qui nest pas occidentale."
Emir Kusturica
Cependant, nous avons constaté au cours decette étude, comme il était tout de
même difficile, pour nous occidentaux, de comprendre un film sans connaître la culture
des Balkans (si riche et dautant plus complexe du fait de ces nombreux mélanges).
Face à un film comme celui ci, très riche en images, très fournis, très
rapide, le danger est certainement de trouver des symboles là où il ny en a pas et
de faire de linterprétation à outrance. Nous espérons avoir éviter le plus
possible le piège. Il reste néanmoins que ce que nous avançons nest quun
regard ( très occidental), mais cest un regard personnel pour parler dun film
(comment faire autrement ?).
On peut voir Underground comme un poème
Le style emprunté est très baroque, très proche de la peinture dans la
composition des plans. On pense à Chagall, qui est une des références de Kusturica.
Ce film est aussi un adieu
Underground exprime toutes les pertes de Kusturica : sa naïveté
politique, son pays, son foyer.
"Cest avec peine, tristesse et joie que nous nous souviendrons de notre
pays, lorsque nous raconterons à nos enfants des histoires qui commencent comme tous les
contes de fées : il était une fois un pays "
Ivan.
Il est écrit à la fin : "Cette histoire na pas de
fin".
Nest ce pas une façon pour le réalisateur, de clore son film en insistant
sur laspect universel de son récit ?
Cette histoire, et les autres de part le monde, ne sont elles pas éternellement
les mêmes ?
On remarque que cest Ivan, le bègue, qui conclue, alors quil ne
bégaie plus.
Ne peut-on voir le bégaiement comme un non achèvement, une parole
perpétuelle ?
Kusturica a peut être juste lintention, tout en racontant une histoire,
de nous rappeler que lHistoire se répète, et de nous mettre en garde contre son
bégaiement
Cette histoire na pas de fin mais ce dossier
en a une, et cest ici.