19h.
La queue se forme devant l'Olympia, pour assister au concert de No Smoking, le
groupe d'Emir Kusturica. On parle français, mais aussi anglais, serbo-croate, roumain,
espagnol ... Les aficionados du réalisateur et de la musique balkano-rock sont
cosmopolites. Inutile d'espérer acheter une place en dernière minute : le concert est
sold-out depuis longtemps.
20h45. L'Olympia est pleine à craquer. La foule
s'impatience.Enfin, la première partie entre en scène. Malheuureusement nous ne
connaissons rien d'eux, ni leur nom, ni leur origine. En revanche, nous les vosn
grandement apprécié ! Dans un mélange de cordes (contrebasse, guitare), de cuivres
(trompettes, flûtes) et de percussions (batterie), sans oublier le traditionnel
accordéon et même le xylophone, ce quartet nous a offert un set inoubliable. Peu de
chants, mais beaucoup de mélanges musicaux, aux accents essentiellement issus du folklore
balkanique, mais largement revisités par d'autres courants musicaux, qu'ils soient
religieux (hébreux, islamiques) ou modernes (disco). Ovationnés par la foule, ils ont
joués environ une heure, et, à la demande du public, effectué un rappel.
22h15. Après une longue interruption qui a quelque peu
fait retomber l'ambiance, le spectacle commence enfin. Surprise, ce n'est pas le groupe
qui ouvre le concert, mais la diffusion du clip de la chanson Unza unza time,
réalisé comme il se doit par son guitariste-phare, Emir Kusturica. Filmé en noir et
blanc, ce court-métrage de 5mn20 s'inscrit dans la continuité du travail du
réalisateur. On retrouve les principaux motifs de son oeuvre (les oies,le mariage), et
les racines de la musique Unza, à savoir la musique des mariages et des enterrements.
Clin d'oeil à Chat noir chat blanc, il y a
un train, dans lequel tout devient fou, ce qu'on pourrait voir comme une métaphore du
monde actuel, comme l'exprime la chanson.
22h20. Dix hurluberlus costumés entrent en scène. Parmi
eux, un grand homme portant des vêtements de sport de différentes marques, coiffé d'un
chapeau, et mordillant un cigare non allumé (no smoking ?), se place au centre de la
scène : c'est Emir Kusturica. Très détendu et s'exprimant dans un anglais impeccable,
il se livre à une présentation parodique des différentes façons de dansées, mimées
par un membre du groupe. Le ton est donné : le show sera visuel. La salle est désormais
chaude, et c'est sous un déluge de cris que le leader du groupe, le déjanté Dr Nelle,
fait son entrée. Pendant plus de 2heures, il mènera le concert d'une main de maître,
alternant ses performances personnelles, vocales et scéniques, avec la présentation de
celles des autres. A retenir particulièrement, les numéros successifs du violoniste, à
la limite du cirque, dans une atmosphère toujours plus survoltée. Ou encore emir
Kusturica reprenant à la guitare le thème du Bon, la brute et le truand, de
Sergio Léone ... Mais aussi la fabuleuse reprise par Dr Nelle d'un des morceaux phares de
Chat noir chat blanc ... interprété dans
le film par une femme obèse.
Au final, on ne sait quoi dire de ce concert si ce n'est
qu'on est encore sous le choc, tant il est impossible de le retranscire par les mots. La
musique Unza, mélange d'influences musicales très diverses, allant du rock au reggae en
passant par la techno et le folkore balkanique, se vit, se voit, mais ne se décrit pas.
Un seul conseil : si No Smoking passe près de chez vous, courez les voir.